Miel : comment le choisir et protéger les abeilles ?

Miel doré dans les alvéoles d'un cadre de ruche

Véritable cadeau de la nature, le miel est le résultat du travail des abeilles qui consacrent littéralement leur vie à produire ce délicieux nectar. Il a été le premier condiment sucré utilisé dans l’histoire de l’humanité. Il est important de comprendre que sans les abeilles, il y aurait 30 à 40 % de notre nourriture en moins car elles aident à la pollinisation des fleurs. Cela permet ensuite d’obtenir de magnifiques fruits et légumes.

Les apiculteurs sont les gardiens des abeilles. Sans leur travail respectueux ainsi que leur combat de tous les jours, nous n’aurions probablement plus de miel authentique sur notre table. Dans cet article, je partage avec vous ce qu’il faut savoir sur le miel. Comment bien l’acheter et surtout comment défendre l’or jaune de la nature.

Qu’est-ce que le miel ?

Le miel est considéré comme un condiment sucré. On le tartine sur du pain ou bien, la plupart du temps, il adoucit les thés ou les infusions. Il sert également pour réaliser des gâteaux, confectionner des friandises ou encore pour produire de l’hydromel. Côté santé, le miel a aussi ses atouts puisqu’il possède de nombreuses propriétés antibactériennes et antioxydantes.

Le miel se compose essentiellement de deux sucres, le fructose et le glucose, et d’un peu d’eau (moins de 18 %). Les abeilles vont butiner les fleurs, récolter le pollen et aspirer le nectar dans leur jabot (liquide sucré des plantes). Grâce à une enzyme dans leur jabot, une réaction chimique se produit et le nectar devient fructose et glucose.

Au retour à la ruche, ce nectar est travaillé et digéré par les abeilles grâce à un mélange de salive et de sucs gastriques. Il est ensuite stocké dans les alvéoles. Comme ce nectar est encore riche en eau, les abeilles vont le ventiler pour que l’eau s’évapore. Petit à petit, il se transformera en miel et il arrivera à maturité. Une fois à maturité, les alvéoles seront recouvertes de cire.   

Les abeilles en fabriquent car il est nécessaire à leur survie. C’est pourquoi dans une ruche, un espace est réservé aux abeilles et leur reine. On l’appelle le « corps de ruche ». L’apiculteur va ensuite ajouter des hausses (une ou plusieurs). Celles-ci possèdent des cadres alvéolés pour que les abeilles puissent les remplir également de miel. Seul le miel provenant de cet espace sera récolté. Deux récoltes à l’année : au printemps et en été.

Abeilles en vol à l'entrée d'une ruche avec les pattes pleines de pollen.
Les abeilles rentrent à la ruche avec le jabot rempli de nectar et les pattes pleines de pollen.

Les variétés de miel et les différents types

Le miel peut présenter différentes couleurs, textures et saveurs. La variété florale joue un rôle certes déterminant dans la qualité du produit mais il n’y pas que cela. La richesse du produit dépendra également des saisons, des conditions climatiques, des zones géographiques ainsi que des fleurs présentes dans la zone de production… Ainsi, d’une région à une autre, il est possible d’avoir une richesse de miels différents avec des palettes aromatiques extraordinaires.

Tout d’abord, on va faire la différence entre les miels « mono-floraux » (lavande, bruyère, thym, romarin, acacia, tilleul, châtaignier, etc.) et les miels « poly-floraux » (de montagne, de forêt, du maquis, etc.). Pour s’assurer de la variété florale dominante dans sa production, l’apiculteur va faire analyser son miel.

Un miel de fleurs, quant à lui, est un mélange de différentes fleurs. En fonction, des variétés florales, le miel sera plus ou moins liquide ou bien crémeux. Un miel aura tendance à cristalliser lors d’un stockage prolongé. On dit aussi que plus le miel est liquide, plus il est riche en fructose. Question couleur, on dit que plus il est foncé, plus il contient de minéraux et d’oligo-éléments.

Enfin, il faut faire la différence entre les « miels doux » et les « miels corsés ». Pour un miel doux, on fait référence à des fleurs de printemps et même d’été au parfum délicat comme l’acacia, la lavande, le tilleul ou même un mélange de fleurs. Pour un miel corsé, on parle de caractère, de puissance voire d’expression d’un terroir. C’est le cas des miels de bruyère, de châtaigner, de sapin ou encore d’arbousier corse (c’est le cas de le dire 😉 !)

Abeille butinant une fleur de jaune, probablement une fleur de tournesol.
Les qualités organoleptiques du miel vont dépendre des fleurs butinées par les abeilles.

Consommation de miel et disparition des abeilles

Si nous prenons le cas de la France, depuis une dizaine d’années la production nationale a chutée en passant de 30.000 tonnes à 10.000 tonnes alors que la consommation annuelle actuelle est de 40.000 tonnes. En cause, la mortalité des abeilles qui augmente en raison des pesticides et des conditions météos irrégulières. N’oublions pas non plus le frelon asiatique qui attaque et tue les abeilles directement dans leur ruche.

Dans les années 1970, certains apiculteurs ont importé des colonies d’abeilles du Caucase et d’Asie du Sud-est pour des questions de productivité. Malheureusement, ces essaims achetés à l’étranger ont amené avec eux, un parasite : le « varroa ». Ce dernier est un acarien qui a littéralement décimé les populations autochtones d’abeilles noires, originellement présentes dans nos contrées. Et aujourd’hui, hormis dans quelques régions sauvages ou isolées, ce virus s’est propagé un peu partout.

Le miel frauduleux et ses conséquences

Autre point important et non des moindres, beaucoup de « miels » font l’objet de fraudes. En 2015, une enquête de la DGCCRF a relevé des problèmes liés à la composition et à l’étiquetage des miels. En effet, nombreux sont les miels frauduleux coupés avec des sirops divers (moins chers) ou fabriqués totalement à partir de ces mêmes sirops de glucose, de maïs, de riz, de maltose et mélangés avec des arômes, des colorants et d’autres éléments synthétiques. Ces miels sont vendus en toute impunité à notre insu, même si les contrôles sont de plus en plus stricts.

Moins grave mais souvent trompeur pour le consommateur : les miels de grandes surfaces, à bas prix. Ils peuvent aussi résulter de mélanges de miels produits aux quatre coins du monde. Les gros pays producteurs sont la Chine et le Vietnam pour l’Asie, l’Argentine et le Pérou pour l’Amérique latine, l’Ukraine, la Bulgarie, la Hongrie et la Roumanie pour les Pays de l’est, et l’Allemagne et l’Espagne pour l’Europe occidentale. Souvent, des prix moins chers car des rendements supérieurs, une main d’œuvre bon marché et des prix de vente cassés.

Ceci a pour conséquence d’avoir des « miels » à des prix défiant toute concurrence, oscillant entre 10 et 15 € le kilo pour nous consommateurs. Autrement dit, souvent entre 4 et 7 € le pot de 500 g. Le miel artisanal d’apiculteur local coûte entre 15 et 30 € le kilo, donc au minimum 8 € le pot de 500 g. Les apiculteurs ont du mal à tout vendre en direct. Ils doivent donc revendre à des grossistes à des prix cassés. Et bien entendu, cela ne leur permet pas de (sur)vivre dignement de leur activité.

Deux apiculteurs en train d'observer les abeilles sur un cadre de ruche.
Les apiculteurs sont les gardiens des abeilles. À nous d’être leurs gardiens !

Acheter du miel de qualité

Manquer de respect pour le travail des apiculteurs ou pour les abeilles, c’est en fin de compte manquer de respect à nous-même et à la planète. Il est important de valoriser ce produit naturel et de l’acheter à sa juste valeur si l’on veut protéger notre écosystème. Ainsi, pour mieux acheter, je vous conseille d’acheter votre miel directement chez un apiculteur agréé. Attention, il faut encore s’assurer que votre apiculteur préféré ne soit pas un magouilleur en vous vendant du miel d’ailleurs.

Demandez à visiter le rucher. Observez également le nombre de miels différents qu’il présente, au plus il y en a, au plus il faut s’en méfier. Certains miels comme le thym sont difficiles à produire. Par conséquent, s’il en vend (en quantité), c’est probablement du miel étranger. Pensez donc toujours à vérifier l’origine. Elle doit impérativement être indiquée sur l’étiquette. Les mentions « non originaires de l’Union européenne » ne présage pas un produit de qualité. Et de l’ « Union européenne », c’est bien ? Me direz-vous… À vrai dire, ce n’est pas non plus la panacée. Tout dépend de l’importance que vous accordez à la nature, aux abeilles, aux apiculteurs et leur savoir-faire.

Heureusement, il existe de belles initiatives et celles-ci méritent d’être soulignées. Pour le miel, il y a notamment « Bleu Blanc Ruche ». À l’origine de ce projet, il y a Arnaud Montebourg, ancien ministre français de l’économie. Le principe ? Vendre des miels de terroir achetés directement aux apiculteurs français à un prix supérieur au marché. Ces derniers s’engagent alors dans un programme de repeuplement du rucher français par l’achat de nouvelles ruches. L’acheteur devient alors acteur et plus seulement un consommateur, ce qui est formidable ! Une école de formation pointue a également vu le jour grâce à ce projet.

25 ruches de couleurs différentes placées l'une à côté de l'autre dans un pré de hautes herbes à l'ombre des arbres.
Combien d’abeilles dans toutes ces ruches à votre avis ? 🙂

Bon à savoir

  • 1000 fleurs doivent être butinées par l’abeille pour produire 1 g de miel.
  • On le trouve dans plein de produits comme les bonbons, les gâteaux, les pâtisseries (notamment marocaines), le pain d’épice, le nougat, l’hydromel, la bière et bien d’autres choses encore.
  • Chauffé au-dessus de 40 ° C, le miel perd ses propriétés médicinales et ses bienfaits… Si vous voulez en profiter, mettez-en dans votre infusion lorsqu’elle a tiédie.
  • Faire attention à l’origine du miel, sa variété et son prix pour bien choisir. Si le nom de l’apiculteur figure sur les pots, c’est encore mieux, notamment pour la traçabilité.
  • Les AOP en France : miel de sapin des Vosges AOP et miel de Corse AOP.
  • Les IGP et Labels Rouges : miel de Provence IGP/Label Rouge et miel d’Alsace IGP.
  • Il existe du miel urbain, produit dans des ruches posées sur les toits des immeubles dans les grandes villes. Le miel est de qualité car exempt de produits chimiques contrairement à la campagne.
  • Le miel bio ne présente aucun insecticide et le bois pour les ruches est brut et non traité. Il y a également des critères de localisation des ruches, c’est-à-dire que ces dernières doivent se situer dans un périmètre de butinage d’un rayon d’environ 3-4 km dont au moins 50 % de la surface est en bio ou non pulvérisée, à floraison naturelle.  
  • Avec le temps, un peu d’oxydation (couleur brune à la surface du miel) peut apparaître et altérer légèrement les qualités organoleptiques (goût principalement), toutefois le miel reste consommable et ce même après plusieurs années. On prétend qu’il est immortel !

À vous maintenant !

J’ai pris beaucoup de plaisir à rédiger cet article et à revoir ce sujet afin de le partager avec vous. Comme vous avez pu le constater, l’acte d’achat est important pour consommer un miel de qualité et défendre notre patrimoine, le savoir-faire apicole et surtout le goût !

Pensez-vous porter un nouveau regard sur ce produit ? Comment envisagez-vous votre consommation à présent ? Partagez-moi votre réponse dans les commentaires. J’aimerais beaucoup avoir votre retour sur cet article.

J’ai certainement oublié des choses, des initiatives locales ou nationales que ce soit en France, en Belgique, en Suisse ou ailleurs. Je ne peux être malheureusement au courant de tout. Néanmoins, si vous aviez des informations à partager dans les commentaires, je pense que ce serait intéressant pour tout le monde. Merci d’avance !

Je vous remercie pour le temps de lecture ! Maintenant, c’est le moment de liker et de partager l’article pour qu’il puisse parvenir à plus de personnes désireuses de reprendre en main leur alimentation et changer le monde ! 😉

Pour aller plus loin, vous pouvez lire avec cet article sur les sucres, les sirops et autres édulcorants, dans lequel je parle aussi du miel.

Au plaisir !

Article 38/50 du défi “Manger moins et mieux : en 50 semaines

Crédits images : Jez Timms, Meggyn Pomerleau, Jan Tinneberg, Thomas Völcker, Erika Varga

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2 Replies to “Miel : comment le choisir et protéger les abeilles ?”

  1. Merci pour cet article!

    1. Merci à toi Sébastien 😉

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