Grandes surfaces ou petits commerces ?

Faire son marché

En voilà une question difficile à répondre ! De nos jours, on a l’embarras du choix pour faire ses courses : grandes surfaces, petits commerces ou encore groupements d’achats, et même les courses en ligne… Vous verrez à travers cet article qu’il y a déjà pas mal de matière à traiter sur les deux sources principales d’approvisionnement en nourriture. Le reste sera abordé plus tard dans un autre article.

La grande surface : la machine à vendre

Le supermarché, c’est l’endroit magique où tout ce dont on a besoin (en tout cas pour manger) se trouve. Ce concept a vu le jour au début des années 1920 aux États-Unis. Au début, il s’agissait de garages et de granges désaffectées qui ont été aménagées de façon à proposer des produits préemballés dans un système organisé de rayonnages. On fait ses courses avec un chariot et on passe à la caisse enregistreuse avant de sortir. Le phénomène a rapidement pris de l’ampleur avec le développement de milliers de magasins en quelques années.

En Europe, il faut attendre la fin des années 1940, après la Seconde guerre mondiale pour que les premiers supermarchés voient le jour et attirent sans tarder les chalands. Ces derniers ont dû s’habituer au fait d’acheter des produits préemballés (notamment la viande) et aussi de se servir eux-mêmes dans les rayons. Jusqu’alors, ils avaient eu l’habitude de se faire servir par leur épicier, leur boucher ou encore leur boulanger. À partir de ce moment-là, beaucoup de choses ont changées.

Les chariots de grandes surfaces
Les chariots en attente des clients du jour

J’ai toujours en tête ce film des Charlots « Le Grand Bazar » qui illustre à merveille cette situation où les gens qui avaient l’habitude de faire leurs courses chez l’épicier du coin, découvrent le bonheur de la grande surface, les produits préemballés et les prix à défier toute concurrence. Même les quelques clients irréductibles finissent par lâcher l’épicier pour la grande surface. C’est une réalité qui a frappé de plein fouet les petits commerces de quartier à partir des années 1960. Même s’ils ont toujours subsisté, et surtout dans les villages, on ne peut pas dire qu’ils soient monnaie courante.

« Allez, on va transformer le magasin… hein ! On va balancer de la couleur partout… hein ! Des tas de lumière, de la musique pop, allez ! Je vous bombarde de vendeurs avec des costumes sublimes, comme des vedettes de l’Olympia. Vous allez affoler les clients ! Ils viendront acheter n’importe quoi, rien que pour le coup d’œil… »

Réplique de Michel Galabru, dans le rôle d’un épicier de quartier, dans le film « Le Grand Bazar » de Claude Zidi (1973).

Les petits commerces : le grand retour

Aujourd’hui, les petits commerces et les épiceries de quartier ou de village marquent leur grand retour face aux grandes surfaces . Outre, les produits récurrents que l’on trouve également en grandes surfaces, nombre de ces épiceries s’orientent à présent vers le circuit court, les produits locaux et aiment mettre en avant le savoir-faire de leur terroir et des artisans du coin. Même si les supermarchés ont toujours le monopole au niveau du portefeuille client, les épiceries se démarquent, se réinventent et séduisent de plus en plus de personnes.

En effet, les petits commerces se distinguent notamment par la sélection, la fraîcheur et la proximité des produits. On notera également que l’accueil ou encore le service clientèle sont beaucoup plus chaleureux dans ces petits commerces qu’en grandes surfaces. Cela représente un grand plus pour les clients. Au fil du temps, même si cela reste une relation commerçant-client, la confiance s’installe et une certaine forme d’amitié se lie. On prend des nouvelles de l’un et de l’autre et la nécessité, parfois ennuyeuse, de faire ses courses prend alors un autre sens et devient alors beaucoup plus agréable.

Remarquons également que certaines épiceries modernes aux idées révolutionnaires ont choisi une voie à l’opposé totale des pratiques de grandes surfaces, à savoir le « zéro-déchet ». Fini le plastique, et les emballages en tout genre… Les clients viennent avec leurs sacs, leurs récipients, leurs pots et se servent en vrac ou se font servir dans la joie et la bonne humeur. Une fois que l’on a fait ses courses de cette manière, on se pose beaucoup de questions, au niveau de la consommation et de l’environnement. Mais surtout, on se demande ce qu’on pourrait faire pour changer à notre tour nos habitudes.

Grandes surfaces et environnement

Même si je suis personnellement convaincu par ces démarches de consommation raisonnée, il m’est encore relativement difficile de ne plus mettre du tout un pied dans un supermarché. Bon, il faut dire que depuis l’enfance, j’ai toujours connu cette idée d’aller faire les courses au magasin pour s’approvisionner en nourriture. Même s’il y avait un potager à la maison ou certains produits confectionnés avec soin par mes parents, énormément d’autres produits étaient achetés en grandes surfaces, et dans une moindre mesure en petits commerces.

La folie des emballages en grandes surfaces
La folie des emballages 🙁

Aujourd’hui, il est vrai qu’à la vue du nombre de produits, de marques et des quantités d’emballages pour le moins démentielles, j’ai de moins en moins envie de faire mes courses dans ce genre d’endroit. Toutefois, se défaire d’habitudes ancrées en soi depuis de très nombreuses années n’est pas chose aisée. Mais en tout cas, la volonté y est.

Mise à part cette question du suremballage, j’ai d’autres préoccupations en tête, à savoir : le goût et la qualité des produits. Pour nombre d’entre eux, les ingrédients qui rentrent dans leur composition laissent souvent la place au doute et puis cela me donne aussi la sensation de ne pas être maître de ce que je mange (et bois). Cette idée me déplaît lourdement à tel point que je me suis mis à scruter la liste des ingrédients de chaque produit avant d’acheter. Un peu parano là comme ça, vous voyez ce que je veux dire ? 😉

À mon humble avis, manger doit être plus simple que ça. Je n’ai pas trop envie de me préoccuper pour ma santé en fonction de ce que j’ingurgite au quotidien. C’est pourquoi, je vais essayer de retrouver le contrôle de mon alimentation au maximum. J’ai ainsi décidé de manger moins et mieux et surtout de me renseigner sur les aliments et boissons de mon quotidien.

Un nouvel avenir pour les petits commerces

Je ne veux pas non plus diaboliser les grandes surfaces. De nos jours, on trouve de plus en plus de produits « biologiques » et « artisanaux » d’un rapport qualité/prix acceptable. Cela permet déjà aux clients habitués à la nourriture dite « industrielle » de se familiariser avec la nourriture biologique. Après avoir fait ce premier pas, ils vont souvent acheter davantage de produits bios ou artisanaux et commencer petit à petit à délaisser les grandes surfaces au profit des petits commerces spécialisés.

Pour ma part, j’ai déjà fait ce premier pas il y a quelques années et aujourd’hui, je côtoie toutes sortes de magasins. Comme tout le monde, j’essaie de varier les plaisirs et de m’y retrouver parmi le choix impressionnant à ma disposition. C’est quelque chose qui demande du temps et donc de la patience. À terme, j’arriverai à faire mon circuit de petits commerces. Tant qu’à faire, j’ai envie de soutenir le commerçant qui se démène pour trouver des produits de haute qualité d’un point de vue gustatif. Et puis surtout, ce sont des hommes et des femmes de métier qui connaissent leurs produits.

Une épicerie pleine de produits riches en goût
Une épicerie pleine de produits riches en goût 🙂

Ce qui m’intéresse véritablement c’est le plaisir incroyable que je peux avoir en mangeant et buvant des produits qui ont du goût. Malheureusement, je trouve rarement mon compte en supermarché. Par conséquent, il m’importe de fréquenter d’autres établissements et de trouver mon bonheur ailleurs. Il y a de quoi faire ! Je suis heureux de me lancer dans cette démarche… c’est toute une aventure en soi…

En douceur et profondeur

Petit à petit, on va apprendre à décrypter les étiquettes, les ingrédients et peser le pour et le contre lors de l’achat. Je n’ai plus envie d’être perdu et de me poser des dizaines de questions, d’hésiter en permanence avant de prendre ma décision finale d’achat. Certainement que vous vous êtes déjà retrouvé vous aussi dans pareille situation.

Avouez que ce n’est pas nécessairement confortable de ne pas savoir véritablement ce que l’on achète. On nous vend beaucoup d’images du passé à grands coups de publicité minutieusement orchestrées à laquelle vous pouvez ajouter un marketing et un packaging mention « la classe ! ». Constatez aussi les discours nostalgiques de la « cuisine de mamie », les ustensiles au look vintage qui prennent leur place dans les étals. À première vue, ça laisse rêveur mais d’un autre côté, j’ai peur que cela ne soit souvent qu’une illusion. Les images et les objets c’est cool mais je crois que ce que les gens veulent, c’est le goût et les odeurs des produits et des plats des cuisines d’antan.

C’est un idéal de simplicité et de goût que j’ai envie de me réapproprier. Au début, j’avancerai à tâtons mais au fur et à mesure, je serai capable de tracer ma propre carte pour me retrouver dans cette jungle commerciale et dénicher presque exclusivement des produits qui relèvent de l’excellence. Rien que le fait d’y penser me procure déjà une joie intérieure indescriptible.

Et vous ? Qu’est-ce vous en dites de tout ça ? Avez-vous les mêmes préoccupations ?  Que ce soit en grandes surfaces ou en petits commerces, qu’est-ce qui est important pour vous ? Vous pouvez laisser votre réponse en commentaire 😉

Article 01/50 du défi “Manger moins et mieux : en 50 semaines”

Crédits images : Peter Hershey, Markus Spiske, Bernard Hermant, Jessica To’oto’o

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