Apprendre à déguster avec les cinq sens

Apprendre à déguster avec les cinq sens

Apprendre à déguster amène à en savoir davantage sur ce qu’on a dans son assiette ou dans son verre. La dégustation est un ensemble de techniques avec lesquelles il faut apprendre à se familiariser et qui permettent une compréhension totale du produit amené en bouche. À mes yeux, la dégustation par les cinq sens est une expérience sensorielle totale et extraordinaire qui peut se reproduire à l’infini et ce, pour tous types de produit. Avec cet article, vous allez découvrir les différentes étapes de la dégustation et l’influence de chacune d’elles sur nous une fois qu’on commence à les mettre en pratique dans la vie de tous les jours.

L’ouïe : le premier contact

Pour commencer, je veux parler d’un sens dont on ne tient presque jamais compte et qui, selon moi a toute son importance : l’ouïe. Il serait dommage de se priver du concert de sons que peut nous apporter la gastronomie. Je suis certain qu’ils vous sont déjà familiers mais que vous n’y prêtez pas forcément attention. Bonne nouvelle, à partir de maintenant, vous aurez les oreilles aux aguets, je vous le garantis ! Apprendre à déguster, ce n’est pas seulement voir, sentir et goûter… c’est aussi écouter et je vais vous le prouver.

Pour chaque fruit ou légume que vous allez manger, essayez de prêter une oreille attentive lorsque vous l’épluchez, le coupez ou le mordez. La sensation auditive prend une dimension incroyable une fois que l’on focalise son attention sur les bruits. Mettez un oignon cru émincé dans une poêle chaude avec un filet d’huile et écoutez-le chanter ! Maintenant, imaginez une belle pièce de viande sur une grille de barbecue, vous entendez ? Le bois crépite et la graisse coule sur les braises alors que la viande cuit tout doucement… Et vous pouvez vous imaginez cela pour à peu près tout… tenez par exemple, savez-vous que lorsque le pain sort du four, vous pouvez l’écouter chanter ?

À présent, parlons un peu de boissons… tout le monde connaît le bruit merveilleux d’une bouteille qu’on débouchonne. Cet acte transmet comme qui dirait un sentiment de bien-être car il est la promesse annoncée d’un moment délicieux. Et quand le vin coule du goulot dans le verre… mamma mia ! Pareil pour la bière lorsque vous la décapsulez, appréciez le chuintement du CO2 qui s’en échappe et une fois celle-ci servie dans le verre, penchez un peu l’oreille juste au-dessus pour voir. Vous allez entendre la vie !

Le toucher : le plaisir au bout des doigts

Passons à présent à un autre sens trop peu utilisé : le toucher. Encore une fois, je suis sûr que vous avez déjà éprouvé des sensations tactiles agréables avec un aliment. Chaud, froid, dur, mou, doux, rugueux, soyeux, bizarre, gras, spécial… et la liste est longue ! Pour apprendre à déguster, vous pourriez trouver inutile de faire attention aux sensations que procure le toucher. Et pourtant ! Vous êtes susceptibles de manquer une étape sensorielle aussi plaisante que les autres.

Dégustation par le toucher.
Touchez ce que vous mangez.

Fermez les yeux et prenez un fruit, un saucisson, une crevette ou encore des grains de poivre. Essayez de percevoir les formes, les textures et les différents éléments qui composent le corps de votre produit. Vous pouvez aussi le faire les yeux ouverts bien entendu. 😉 Quand je parle de faire l’exercice les yeux fermés, c’est surtout pour avoir son attention focalisée entièrement au bout de vos doigts. La sensation du toucher intervient aussi une fois que vous mettez en bouche l’aliment ou la boisson.

À présent, prenez-vous une bouteille entre les mains. Remarquez la forme de cette bouteille : ronde, carrée, ovale, élancée, bouchonnée, capsulée… Palpez aussi le papier utilisé pour l’étiquette ou encore un relief incrusté dans le verre de la bouteille, etc. Appréciez le galbe de vos quilles et la perfection avec laquelle elles ont été produites en usine. Personnellement, je trouve qu’une belle bouteille donne envie de la prendre dans ses mains et d’en apprécier chaque détail. Et ça, c’est magnifique ! Le marketing joue un rôle important et ça coûte cher, alors autant en profiter ! Prenez par exemple la forme originale de la bouteille d’un soda bien connu dans le monde entier : conçue pour épouser la forme de nos mains.    

La vue : manger avec les yeux

À présent, je vais rentrer un peu plus dans le vif du sujet. En effet, traditionnellement pour apprendre à déguster, on commence par ce sens-là. Alors parlons-en ! Les yeux constituent un outil extraordinaire capable de repérer les moindres détails. Vient ensuite tout le vocabulaire qui permet de décrire au mieux la couleur d’un vin ou d’une aubergine. En m’amusant à comprendre les couleurs et leurs nuances, j’entraîne ma vue et j’enrichis par ailleurs mon vocabulaire. À force, j’affine ma vue et je vois des choses que je n’arrivais pas à voir avant.

Dégustation par la vue
Des aliments riches en couleurs !

Avez-vous déjà regardé avec bonheur une assiette joliment présentée ? Ou encore les étals des marchés ? Dans les deux cas, vous remarquerez un panel de couleurs on ne peut plus riche. C’est un vrai régal pour les yeux ! En plus, vous pouvez admirer la composition d’un plat ou encore voir un fruit ou un légume grossir sur son arbre ou dans la terre. N’est-ce pas merveilleux ? Constatez comme quoi la nature nous a gâtés avec ce carnaval de couleurs ! On aurait tort de s’en priver. 😉

Côté boisson, c’est également très poétique. Pour les vins, les bières ou les alcools, on va entendre parler de robe, de larme, de brillance, de profondeur, etc. À nouveau, pour chaque boisson, vous aurez l’occasion d’apprécier sa couleur et sa tonalité. On pourrait même parler de luminosité. Parfois, on pourrait croire qu’on observe avec un œil critique comme s’il s’agissait d’une peinture ou d’une photo. À vrai dire, on n’en est pas loin.

L’odorat : apprendre à déguster par les arômes

Voilà maintenant ce qui, à mon humble avis, constitue l’étape la plus essentielle de l’art de la dégustation. Peut-être parce qu’elle est la plus difficile à acquérir, qu’elle nécessite pas mal d’entrainement et de capacité à retenir un maximum d’informations. Il n’y a rien à faire, pour apprendre à déguster correctement, il faut mettre son nez au-dessus d’un produit et en apprécier les parfums. Petit à petit, vous vous constituerez un catalogue de senteurs et le graver dans le fond de votre cerveau et dans lequel vous allez ensuite piocher.

Lorsque vous pratiquez l’analyse olfactive, imaginez que vous êtes devant le meuble à tiroirs à remèdes d’un ancien apothicaire. Quand une odeur vous parvient, vous allez vous mettre à chercher dans quel tiroir se trouve celle-ci. Ayez aussi à l’esprit, que sentir c’est revivre des émotions du passé, des souvenirs d’enfance et d’adolescence qui remontent à la surface. Un parfum peut vous ramener en arrière en un claquement de doigt à un moment précis de votre vie, enfoui parfois très loin dans votre mémoire.

Apprenez dès que possible à renifler tout ce qui passe sous votre nez ou dans les airs. Au plus vous le ferez, au plus vous emmagasinerez d’odeurs dans votre catalogue. Tout ce que vous pouvez manger et toucher dispose d’une odeur propre. Si vous pouvez les retenir, vous reconnaîtrez alors plus facilement ceux que vous retrouverez dans un vin, une bière ou encore un thé. Quand on est enfant, on nous dit d’écouter attentivement, d’observer ce qui se passe, de goûter à tout et de toucher ou au contraire de ne pas toucher certaines choses. Malheureusement, l’odorat est très souvent omis et ce, au détriment de notre capital olfactif. Encore une bonne nouvelle : il n’est jamais trop tard pour s’y mettre !

Apprendre à déguster avec son nez.
Apprendre à déguster avec le nez.

Le goût : apprendre à déguster par les saveurs

Nous voici arrivés enfin au clou du spectacle ! C’est là que tout se joue. Un plat préparé avec soin sent peut-être divinement bon mais s’il est trop salé, le plaisir en bouche sera totalement gâché. Dans le cas contraire, l’aliment ou la boisson dans notre bouche atteindra une sorte d’apothéose. Tout le monde sait dire si un chocolat, un plat ou un vin lui plaît mais juger et déceler ce qui pourrait être amélioré est une toute autre chose. À force de travailler les techniques de dégustation, vous allez appréhender les choses de manière différente.

Le goût présente un éventail de saveurs qu’on pourrait regrouper en 5 catégories : sucré, salé, acide, amer et umami. L’umami est un mot japonais qui veut dire « goût délicieux », il évoque le goût plaisant des bouillons ou de la viande. C’est assez réducteur car il existe aussi des aliments astringents, piquants, gras ou encore avec parfois un goût métallique. Mais officiellement, il n’existe que 5 familles de saveurs. Pour développer ce sens, tentez de déceler les différents types de saveurs à chaque fois que vous mangerez un aliment seul ou bien sous forme combinée dans un plat.

Pour les boissons, ce sera pratiquement la même chose. Vous retrouverez également ces cinq types de saveurs. Pour un vin ou une bière, on parlera de son acidité, de sa douceur, de notes salées ou d’amertume. On entendra aussi parfois des mots comme minéral, métallique, gras, etc. Ces termes décrivent de la même manière des sensations gustatives perçues en avalant une gorgée de ces breuvages. Et je suis au regret de vous annoncer que pour pouvoir appréhender au mieux cette étape finale, il va falloir vous porter volontaire et déguster. Encore et encore. 😀   

Sans oublier…

Pour conclure, je souhaite rappeler que par “apprendre à déguster”, j’entends “savourer au mieux ce que vous mangez“. Après la fonction essentielle et vitale de se nourrir, vient une autre qui est celle de procurer du plaisir. Et le plaisir, ça se savoure. Après avoir lu cet article, je vous invite à vous essayer petit à petit à cet art, a priori complexe, mais en réalité à la portée de tout le monde. Alors n’oubliez pas : écoutez, touchez, observez, sentez et goûtez tout ce que vous pouvez. Prenez-y du plaisir et amusez-vous comme quand vous étiez enfant !

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Ciao ! 😉    

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Crédits images : Caroline Attwood, Matthias Heil, Edgar Castrejon, Battlecreek Coffee Roasters

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